joi, 20 august 2009

Revenirea în forţă a lui Marx

Spre enervarea unora, trebuie să semnalez un nou grupaj de articole, de data asta din Le Nouvel Obs, dedicat revenirii lui Marx în prim planul atenţiei şi dezbaterii publice despre capitalism şi despre viitorul său. Îl găsiţi aici.
Câteva fragmente din grupaj, o selecţie foarte subiectivă:
"Mais quel est donc le Marx encensé par ces chevilles ouvrières du marché mondialisé ? Une boîte à outils intellectuelle indispensable pour comprendre les crises récurrentes du capitalisme, ainsi que l'a également affirmé à plusieurs occasions Pascal Lamy patron de l'OMC. Le premier penseur à avoir compris le rôle paradoxalement «révolutionnaire» du capital, détruisant sur son passage les frontières, renversant toutes les hiérarchies millénaires et les croyances héritées. Un phénomène auquel un Attali applaudit sans réserve, tandis que Marx en était l'observateur prophétique effaré.Un Marx amputé de la «question sociale» quoi qu'il en soit, désinfecté de sa part la plus vive : la révolte devant l'injustice et la haine de l'argent, ce veau d'or qui «détourne les âmes les plus belles vers tout ce qu'il y a de honteux et de funeste à l'homme», écrivait-il en citant l'«Antigone» de Sophocle. Certainement pas le Marx admirateur de la Commune en tout cas, ni l'âpre penseur de la lutte des classes. Pas davantage celui qui décrivait en 1867 son «Capital» comme «le plus terrible missile qui ait jamais été lancé à la face des bourgeois». Mais n'est-ce pas finalement le destin des grands que de connaître des disciples de tout métal ?
"La victoire de Sarkozy ne m'a pas surpris comme un coup de tonnerre dans un ciel serein. Moi, je montre comment la lutte des classes en France a créé les circonstances qui ont permis à ce personnage de faire figure de héraut du parti de l'ordre et, tout à la fois, de possible recours aux yeux d'une fraction des couches populaires. Aux yeux de ceux que les gouvernements de la drôle de gauche avaient abandonnés, spoliés, mis en état de piège. A force d'avoir promis (comme l'avait fait Louis Bonaparte, alors socialiste et carbonaro) l'extinction du paupérisme après 10 heures du soir, la fausse gauche a fait le lit de ceux qui renouent, dans un monde de crise ininterrompue, avec les deux valeurs suprêmes du règne de Napoléon le Petit : le libéralisme et l'autoritarisme.Cela veut dire que, tandis que c'était l'ensemble de la bourgeoisie qui, depuis de Gaulle, avait régné au nom de la nation tout entière, c'est désormais une partie restreinte de la bourgeoisie qui estime avoir obtenu mandat pour régner au nom du veau d'or. Pour tenter d'en finir une bonne fois avec les conquêtes sociales et le mouvement ouvrier français. Le pays réel gronde de colère et de mépris. Utopistes à la triste figure, gageons que la suite de votre voyage ne sera pas de tout repos !"
"Il y a vingt-cinq ans, Marx était traité comme un chien crevé dans le meilleur des mondes libéraux possibles. Son spectre souriant est aujourd'hui de retour. Son actualité est tout simplement celle du capital mondialisé.A l'époque de la mondialisation victorienne, «l'énorme entassement de marchandises» en était encore à ses débuts. Marx ne s'est pas contenté d'explorer la grande pyramide. Sa critique de l'économie politique visait à en percer le secret, à en déchiffrer les hiéroglyphes, à en démonter la logique. Pour dépasser ses propres limites, le capital est contraint d'élargir sans cesse le cercle de son accumulation et d'accélérer le cycle de ses rotations. Faisant marchandise de tout, il dévore l'espace et endiablé le temps.La crise de la mondialisation capitaliste révèle la tendance triplement destructrice du capital - de la nature, de la société, de l'humain. En réduisant toute richesse à du temps de travail cristallisé, la loi de la valeur prétend quantifier l'inquantifiable et attribuer à toute chose une valeur monétaire, comme si le temps long de l'écologie était réductible aux instantanés des fluctuations boursières. Là où les économistes vulgaires assistent bouche bée au spectacle de la crise, Marx saisit à l'état naissant les contradictions mortifères d'une société schizophrène où «l'argent crie son désir», tout comme «le cerf brame sa soif d'eau fraîche». "
"Alors, que reste-t-il de Marx ? «Il a bien vu l'ambivalence du capitalisme, son aptitude à développer les forces productives, sa souplesse et sa capacité d'innovation permettant au système de s'autotransformer», explique Philippe Herzog, rappelant l'hommage de Schumpeter à un homme qui «a posé toutes les bonnes questions». Vrai aussi, «le Capital» reconnaît la puissance productive du capitalisme, formidable progrès par rapport aux formes antérieures d'exploitation qui lui donne un «droit historique à la vie». Vrai enfin, Marx célèbre la globalisation-universalisation qui marque «l'entrée de tous les peuples dans le réseau du marché mondial». Mais l'immense mérite du penseur de Trèves reste d'avoir montré que l'économie politique n'est pas une science abstraite. Qu'elle a d'abord un contenu social. Et que l'injustice est au coeur du capitalisme. Il a intégré le poids des rapports sociaux dans la réflexion sur l'économie. D'ailleurs, parmi les économistes sérieux, les seuls disciples (lointains) de Marx - ils sont français ! -, c'est l'école de la régulation (Michel Aglietta, Robert Boyer, Alain Lipietz...). Ils s'intéressent à l'interaction entre le marché et les «institutions» (les formes de la concurrence, de l'Etat, du rapport salarial...). Rappelant sa phrase terrible - «La bourgeoisie a noyé dans les eaux glacées du calcul les valeurs héroïques» -, Daniel Cohen reconnaît à Karl Marx l'immense mérite d'avoir fait entrer la classe ouvrière dans les livres d'économie.Reste que, pour l'écrasante majorité des économistes progressistes, le théoricien révo lutionnaire, celui qui peut se comparer à Darwin ou à Freud, celui pour lequel il y a un avant et un après, ce n'est pas Marx, c'est Keynes. Paul Krugman, lui aussi prix Nobel, comparant l'un et l'autre, après avoir salué le génie de l'économiste britannique, disait du second : «Karl Marx a autant apporté à l'histoire de la pensée économique que Zeppo Marx à l'histoire de la comédie» ! Sans doute exagérait-il pour le plaisir du bon mot. Quoi qu'il en soit, il y a un point sur lequel tout le monde s'accorde : si Marx n'a pas été majeur comme économiste, il a été, comme analyste de la société et comme philosophe, l'homme d'une rupture considérable avec toute l'histoire de la pensée en Occident. Et les économistes en ont, eux aussi, tiré un profit intellectuel."
Ca să nu ne învârtim prea mult în jurul cozii: n-o mai fi Marx în acest moment ceea ce era în urmă cu decenii pentru stânga, dar rămâne un gânditor politic, economic şi social esenţial pentru înţelegerea capitalismului, ca sistem. Aşa că, vrem, nu vrem, va trebui să punem mâna să-l citim, pentru că altminteri lipseşte ceva esenţial din peisaj. despre asta este vorba, nu despre anti-comunism sau alte tâmpenii atât de dragi dreptei noastre fascistoide.

Un comentariu:

geomarz spunea...

Faptul că oficialii români îşi dau silinţa să-l ignore pe Marx, asta nu înseamnă că el şi tot ce a scris el va dispare, aşa cum nu au dispărut mărgele stricate pe care fiica mea le-a aruncat după dulap să se piardă pe cînd avea vreo 3-4 ani...