miercuri, 7 septembrie 2011

Ce păcat trebuie să ispăşească stânga

Este vorba despre stânga occidentală şi despre felul în care reprezentanţii ei de frunte au contribuit la naşterea actualei crize, începând cu anii '80 ai secolului trecut. Şi mai intereseant: înaintea consensului de la Washington, biblia mondializării neo-liberale, a fost Consensul de la Paris, care a pus bazele primului. De altminteri unul dintre cei care au teoretizat "mondializarea" şi Consensul de la Paris a ajuns şeful FMI, poziţie din care a aplicat la scară globală "Consensul de la Washington". Este vorba despre Michel Camdessus.

Citez dintr-un articol din "Le Monde" :"Surtout, si elle tire effectivement une part de sa force de données techniques, la mondialisation est avant tout un projet idéologique pensé, voulu et mis en œuvre avec opiniâtreté par des intellectuels et des responsables politiques, de gauche qui plus est. Le rôle central d'une certaine élite de la gauche française, incarnée par Jacques Delors, Pascal Lamy et Michel Camdessus, dans la conception et la promotion de la mondialisation, a été décortiqué par Rawi Abdelal, professeur à la Harvard Business School, dans Capital Rules : The Construction of Global Finance, (Harvard University Press, 2007). Un livre qu'il serait de salubrité publique de traduire enfin en français et de faire lire au plus grand nombre.

Pénétrés de la supériorité du libre-échange, ces hommes se sont toujours considérés comme des progressistes en lutte conte les conservateurs du "vieux socialisme" dirigiste ; ils persistent dans cette vision des choses : c'est ce qui donne son sens au mot " réactionnaire " dans la bouche de Pascal Lamy. Pour eux, en 1983, le choc de la "contrainte extérieure" (c'est ainsi que l'on désignait alors la mondialisation) a été un événement providentiel, l'occasion de faire valoir leurs conceptions en jouant du traumatisme politique qu'a représenté sur le moment cette "fin des illusions".

Ils ont alors convaincu François Mitterrand de libéraliser la finance. L'année 1983 n'a pas été l'année de la capitulation de la gauche française devant la finance, mais celle de son ralliement à celle-ci ! Un ralliement dont les mots d'ordre auront été "maîtrise" et "régulation". A partir de 1985, ayant pris la tête de la Commission européenne (Delors et Lamy) et du FMI (Camdessus), ils ont diffusé cette politique de libéralisation financière à l'ensemble de la planète. Par leur habileté politique et leur persévérance, ces "socialistes" français ont réussi à établir ce qu'il est convenu d'appeler le "consensus de Paris".

C'est ce consensus et non celui de Washington, si souvent décrié, qui a donné l'impulsion à la libéralisation mondiale des mouvements de capitaux. Ces hommes de gauche français ont ainsi créé un nouveau Moloch libéral, qui a dévoré toute la gauche européenne et ouvert à Tony Blair le chemin de sa "Troisième voie". Voilà ce que nous confirme l'historien américain dans son travail édifiant -quand la recherche universitaire conforte l'analyse politique.

La mondialisation a d'abord été financière : en 1983, Internet n'existait pas et les porte-conteneurs n'encombraient pas les océans. Elle le reste encore aujourd'hui que les flux financiers commandent l'économie. Voir les financiers et leurs complices invoquer le bonheur des peuples du Sud et de l'Est – c'est le rôle du mythe de "l'énorme classe moyenne chinoise" - pour justifier un système qui sert avant tout à les enrichir est un des spectacles les plus obscènes auxquels il nous a été donné d'assister. C'est " le triomphe de la cupidité " dénoncé par le prix Nobel d'économie Joseph Stiglitz. Un triomphe rendu possible non par la démission des hommes politiques de gauche, comme on le croit encore trop souvent, mais par leur consentement !

Financière, la mondialisation, au gré des accords successifs de libre-échange imposés aux peuples à leur insu par cette élite agissante de la gauche libérale, est devenue aussi la mise en concurrence des économies, des salaires, des fiscalités, des protections sociales, des peuples, des hommes, de leurs vies. Quel aveuglement idéologique que d'avoir accepté l'entrée de la Chine au sein de l'OMC en 2001 sans aucune contrepartie ! "Les idées, la connaissance, l'art, l'hospitalité, les voyages : ce sont là des choses qui, par nature, doivent être internationales. Mais produisons les marchandises chez nous chaque fois que c'est raisonnablement et pratiquement possible". Ce sont cette raison et ce sens des réalités humaines soulignés par Keynes que les partisans de la mondialisation ont voulu nous faire perdre. C'est le retour à cette sagesse qui est au cœur du projet de démondialisation.

Pour ses promoteurs, la mondialisation a toujours été un projet idéologique, le rêve d'un monde enfin débarrassé de la politique, où l'homo oeconomicus aurait définitivement supplanté l'homo sapiens, ce que Jürgen Habermas a résumé par la formule : "La mondialisation, c'est l'effondrement du pouvoir d'achat des bulletins de vote". Quant à la "mondialisation heureuse", rarement une mystification aussi cynique aura été tentée.

Ce projet a été démasqué et cette mystification dissipée. Les peuples ont compris la véritable nature de la mondialisation et ils retirent leur confiance aux gouvernements –droite et gauche confondues- qui leur ont imposé chômage et austérité en leur promettant des jours meilleurs...

Face à la crise de la mondialisation, le socialisme redistributif, arc-bouté sur l'Etat-providence, est une impasse ; le socialisme de l'accompagnement, infirmier de l'économie libérale, est une imposture ; le socialisme de la transformation, celui qui veut changer les règles de la finance et de l'économie, est désormais un impératif.

"Tout au long des années 2000, les profits de l'économie réelle ont été confisqués par le système financier qui s'est mis à travailler pour son propre compte et celui de ses dirigeants, dans des conditions extravagantes(...) Il va falloir revenir à un concept de mondialisation plus sain et plus réfléchi. La mondialisation des transports, des communications, de l'information est légitime. Mais le risque financier doit rester contrôlé. Il faut en avoir conscience : si l'on ne fait rien, il y aura d'autres crises, sans doute plus graves (…) Le retour au protectionnisme, ce ne sera pas pour cette fois, mais lors de la prochaine crise. D'un seul coup, la logique de la mondialisation apparaîtra alors comme inadaptée. " De qui sont ces propos sans appel ? D'Emmanuel Todd ? D'Arnaud Montebourg ? Non, de Valéry Giscard d'Estaing.

La gauche a le choix : continuer à ânonner le même bréviaire libéral et libre-échangiste –la mondialisation - et alors l'histoire la balaiera ; comprendre ce qui s'est joué à partir de 1983 et faire face à la réalité du monde : elle serait alors fidèle à sa vocation historique et l'avenir pourrait lui sourire à nouveau."

Place sau nu "stângii", ea trebuie să dea răspunsuri unora dintre aceste reproşuri, cu atât mai mult cu cât ele sunt întemeiate.Deşi mă tem că nu are cine le da. Din punct de vedere conceptual, stânga este în moarte cerebrală. Ăsta este adevărul. Neconvenabil, neplăcut, dar de necontestat.

5 comentarii:

Karakas spunea...

Capitalismul de tip neo-liberal este o religie. Are dogma, institutii de tot felul, inclusiv universitati, si elite politice sa il sustina, sa il reproduca si, cel mai important, sa il extinda. Daca se poate la scara globala.

Citeam ieri o stire despre cum asteapta ele pietele declaratia Guvernatorului Bancii Canadei, ca sa o ia in sus de bucurie. Rate mai mici (sub 1%), semnal pentru investitori? Ma indoiesc. Traim o perioada atit de incerta, ca nu cred ca mai exista investitori seriosi care sa marseze pe jocul ratelor dobinzii.

Béranger spunea...

Aţi apucat să vedeţi pe situl BBC punctul de vedere al lui John Gray, A Point of View: The revolution of capitalism?

«Marx was wrong about communism. Where he was prophetically right was in his grasp of the revolution of capitalism. It's not just capitalism's endemic instability that he understood, though in this regard he was far more perceptive than most economists in his day and ours.

More profoundly, Marx understood how capitalism destroys its own social base - the middle-class way of life. The Marxist terminology of bourgeois and proletarian has an archaic ring.

But when he argued that capitalism would plunge the middle classes into something like the precarious existence of the hard-pressed workers of his time, Marx anticipated a change in the way we live that we're only now struggling to cope with.

[...] Practically anyone who is alive in Britain today has a higher real income than they would have had if capitalism had never existed.

The trouble is that among the things that have been destroyed in the process is the way of life on which capitalism in the past depended. [...]

As capitalism has advanced it has returned most people to a new version of the precarious existence of Marx's proles. [...]

In a society that is being continuously transformed by market forces, traditional values are dysfunctional and anyone who tries to live by them risks ending up on the scrapheap.

Looking to a future in which the market permeates every corner of life, Marx wrote in The Communist Manifesto: "Everything that is solid melts into air". For someone living in early Victorian England - the Manifesto was published in 1848 - it was an astonishingly far-seeing observation.

Capitalism has led to a revolution but not the one that Marx expected. The fiery German thinker hated the bourgeois life and looked to communism to destroy it. And just as he predicted, the bourgeois world has been destroyed.

But it wasn't communism that did the deed. It's capitalism that has killed off the bourgeoisie.»


Fireşte, rămâne plutocraţia, tot mai puternică.

Béranger spunea...

Încă un pulălău care se crede economist şi care zice, în Economistul: «ordinea putredă, autodisolubilă, a lumii capitalului, precum cea revelată de actuala criză, nu culpabilizează capitalismul benign, cel de piaţă, căruia îi datorăm partea sustenabilă din afluenţa zilelor noastre. Capitalismul e putred din pricina alterării intervenţioniste, etatiste, a stimulentelor şi calculaţiei economice.»

Mai mult, «Diatriba lui Marx» citată în articol (şi care a circulat pe Internet) este un hoax notoriu, Marx nu a scris niciodată aşa ceva.

Oligofreni de-ăştia sunt economişti, consultanţi sau ce mama dracului or fi. Şi câştigă mai mulţi bani decât oameni care chiar fac ceva!

Karakas spunea...

Citesc azi intr-un tabloid, ceva de genul:"sute de nostalgici comunisti s-au adunat la statuia lui Todor Jivkov". Sunt sigur ca daca Ceausescu avea o statuie, se adunau poate cu miile.

Una din chestiuni: modul in care media portretizeaza aceste miscari. Nu e vorba dneaparat de "nostalgici" (desi sunt sigur ca multi sunt) ci de faptul ca oamenii nu mai au alternativa, fiind fortati de regimurile de dreapta sa inghita galusca cu capitalismul si pietele libere. Atunci cind SUA aveau cea mai mare cadere economica pe vremea lui Bush Jr, Bushul s-a prezentat pe ecrane, aducind ode libere capitalismului, care ar da libertate oamenilor sa aleaga unde muncesc, unde traiesc etc. De un ridicol total! Exact ca pe vremurile comuniste, cind ni se indopa la creier cit de bine ne era in comunism. Pe mine ma deranjeaza aceasta inceracer de a ma forta sa imi fac o parere, ca si in comunism de altfel , cind ni se baga propaganda cu polonicul.

Orice nu e capitalist, le pute marilor puteri, si "lagarului trans-atlantic". Le pute Ghadafi, le pute Assad, Mongolia trebuie sa devina un rai capitalist. Dar stim acum de ce le pute. Pentru ca lacamia nu are margini, si omul a ramas maimuta, trebuie sa domine pe altii, prin orice mijloace. Darwin, ai incurcat-o!

Karakas spunea...

Beranger, interesant materialul ce l-ai propus: "But it wasn't communism that did the deed. It's capitalism that has killed off the bourgeoisie.»


Cam asa ceva...