marți, 16 iunie 2009

Bravo, musiu!

O fi Nicolas Sarkozy musiu Bing-bling, s-o înălţa el pe vârfuri să pară mai înalt, dar în ceea ce face şi gândeşte, în politică, e mare! Gândeşte în perspectivă, are idei, are şi discurs clar şi coerent, este un vizionar, chiar dacă din când în când sare calul. Dar măcar o face cu graţie!
Vă invit să citiţi cu atenţie discursul lui la Geneva, la Organizaţia Internaţională a Muncii, prima instituţie din sistemul Societăţii Naţiunilor, care sărbătoreşte 90 de ani de la înfiinţare. Veţi înţelege de ce PSF a luat un jenant 16% din voturi la alegerile europene din 7 iunie.
Să fiu bine înţeles: omul nostru este un populist abil. Dar discursul lui re substanţă şi pune corect problemele, mai mult, propune şi soluţii, multe pertinente. Aşa că am să citez din discurs, fie şi pentru a înţelege oamenii lui Băsescu ce îănseamnă să fii consilierul unui şef de stat.
"Je pose une question : allons-nous tirer les leçons de l’Histoire pour qu’elle ne recommence pas ? Ou bien allons-nous refaire les erreurs du passé avec des conséquences qui pourraient bien se révéler aussi désastreuses ? Alors que l’économie mondiale se trouve plongée dans une crise sans précédent depuis la Deuxième Guerre mondiale pouvons-nous attendre ? Face à la misère, à la faim, au travail forcé, aux conditions de vie dégradantes qui sont faites à tant de femmes et d’hommes dans le monde, avons-nous le droit d’attendre ? Face au réchauffement climatique et aux menaces qu’il fait peser sur la stabilité du monde et sur la survie d’une partie de l’humanité, avons-nous le temps d’attendre ? Face à l’épuisement des ressources non renouvelables jusqu’à quand devons-nous attendre pour produire différemment, pour vivre autrement, pour développer d’autres énergies ? Face à un capitalisme financier devenu fou à force de n’être soumis à aucune règle et dont on commence à mesurer à quel point il peut être destructeur, est-il bien raisonnable d’attendre encore ? Faut-il attendre que la crise économique, financière, sociale, écologique se transforme en crise politique majeure à l’échelle planétaire pour nous décider enfin à changer au risque qu’il soit trop tard ?
N’avons-nous pas assez attendu pour réguler une mondialisation qui, à côté de l’abondance de richesses qu’elle contribuait à créer, faisait grandir des poches de misères et de frustration ? La régulation de la mondialisation, c’est la question centrale. Le monde ne peut pas être gouverné que par la loi de l’offre et de la demande. La mondialisation ne peut pas être l’alibi de tous nos renoncements politiques, intellectuels et moraux. Or c’est ce à quoi nous condamne l’absence de régulation mondiale. Oserai-je ajouter que la mondialisation ne survivra pas à la loi de la jungle. Parce qu’il ne peut pas y avoir de liberté sans règles."
"Il y a deux types de mondialisation. Celle qui privilégie la croissance externe, chacun cherchant par tous les moyens à prendre les emplois et les marchés des autres. Celle qui privilégie la croissance interne, c’est-à-dire un modèle de développement dans lequel chacun produisant plus et consommant davantage contribue au développement de tous. La première pousse à l’extrême la logique de la compétitivité à tout prix en recourant à toutes les formes de dumpings, à des politiques commerciales agressives, à l’écrasement du pouvoir d’achat et du niveau de vie. La deuxième s’appuie sur l’augmentation de la productivité, l’élévation du niveau de vie, l’amélioration du bien être. La première est conflictuelle. La deuxième est coopérative. La première oppose le progrès économique et le progrès social. La deuxième au contraire les lie l’un à l’autre. Tout l’enjeu aujourd’hui est de faire passer la mondialisation de la première logique à la seconde. Ceux qui ne veulent rien changer prétendront que c’est chimérique."
"Le problème des normes sociales et environnementales est l’un des plus difficiles. Il nous oblige à nous interroger sur ce qu’il faut bien appeler « la marchandisation du monde . C’est à dire l’extension progressive de la sphère marchande à toutes les activités humaines qui a été l’une des caractéristiques majeures de la mondialisation des vingt dernières années et qui a mis le droit du commerce au dessus de tout. Mais la santé, l’éducation, la culture, la biodiversité, le climat, le travail ne sont pas des marchandises comme les autres. On sait l’énergie que la France a mise à faire valoir le respect de la diversité culturelle. Elle mettra la même énergie à placer sur un pied d’égalité le droit de la santé, le droit du travail, le droit de l’environnement et le droit du commerce. Elle mettra la même énergie à lutter contre la tentation du protectionnisme et à défendre l’idée que l’OMC ne peut pas être seule à décider de tout et que chaque institution spécialisée doit avoir sa part dans la définition des normes internationales et dans leur mise en oeuvre."
"La gouvernance mondiale du XXème siècle ne peut pas être celle du XXIème siècle. Nous avons déjàtrop attendu. J’appelle à associer les grands pays émergents à la gouvernance mondiale. Nous avons trop attendu pour qu’ils soient représentés parmi les membres permanents du Conseil de sécurité. Trop attendu pour élargir le G 8 à 13 ou 14 membres. Comment peut-on espérer gouverner le monde en laissant de côté plus de la moitié de l’humanité ? J’appelle à soumettre le libre échange à une exigence de réciprocité. Sur ce point aussi nous avons trop attendu au point de dénaturer le libre-échange et de dresser contre lui ce qui devrait en être les plus ardents défenseurs. J’appelle à ce que les interventions du FMI, de la Banque mondiale, des banques de développement, du PNUD soient soumises à une conditionnalité environnementale et à une conditionnalité sociale. Il n’est quand même pas normal que le FMI ou la Banque Mondiale viennent au secours d’un pays sans qu’on puisse lui demander de respecter des règles élémentaires en matière d’environnement, de droit du travail ou de santé publique. On ne peut pas accepter que l’aide internationale serve à encourager le travail forcé ou le travail des enfants ou une pollution qui menace l’avenir de la planète. Mais, on ne peut aborder ce problème de la conditionnalité sociale ou environnementale sans poser la douloureuse question des politiques d’ajustement. Car on ne peut pas demander à un pays de respecter un certain nombre d’exigences sociales et lui imposer en même temps, comme on l’a trop souvent fait par le passé, des plans d’ajustement ayant des conséquences sociales et humaines désastreuses.
Pour pouvoir donner des leçons, les organisations internationales doivent d’abord se les appliquer à ellemême. On ne peut pas non plus exiger des pays pauvres et des pays émergents des efforts qu’ils ne seraient capables d’accomplir sans ruiner définitivement leur économie et leurs possibilités de développement. Les efforts demandés doivent être raisonnables et progressifs, et à tout effort doit correspondre une aide au développement accrue. C’est dire que l’on ne pourra progresser dans l’intérêt de tous que si l’effort est partagé, que si les pays les plus avancés sont capables de partager leurs rentes, de faire preuve d’une solidarité et d’une générosité bien comprises. Il n’y aura aucun progrès si l’aide au développement reste au niveau où elle est et si elle n’est pas regardée comme le complément indispensable des conditionnalités environnementales et sociales sans lesquelles la mondialisation est condamnée à l’échec. Je voudrais proposer une autre révolution dans la gouvernance mondiale pour que les normes qui sont inscrites dans les accords internationaux soient effectivement appliquées. A quoi servent des normes qui n’ont aucun caractère obligatoire ? Cette révolution repose sur l’idée que les institutions spécialisées puissent intervenir dans les litiges, notamment les litiges commerciaux, par le biais de questions préjudicielles."
Când vom avea un discurs la fel de puternic din partea unui lider de stânga, român sau european, daţi-mi şi mie de ştire! Şi fiindcă veni vorba, citiţi, dacă vă ţin nervii, şi discursul lui Băsescu de azi, de la o reuniune de lucru a CESE.
PS: un articol despre social-democraţie în "Le Monde". Şi o explicaţie pentru succesul dreptei şi eşecul stângii în alegerile europene.

2 comentarii:

Béranger spunea...

Mda, dar Sarko este un ipocrit. Ceea ce ar vrea el este «o cârpeală care de data asta să şi ţină». A aceluiaşi sistem capitalist, pe de o parte “regulat” în anumite aspecte, dar pe de altă parte bazat pe aceleaşi principii care duc la concentrarea capitalului, la inechităţi şi nedreptăţi.

Cârpeala asta ar fi o ilustrare a zicalei “boală lungă, moarte sigură”. Pentru că eu unul tot am probleme de a accepta situaţii de genul: individ 1, mare acţionar sau mare industriaş sau mare deţinător de valori imobiliare, câştigă milioane pe zi nefăcând absolut nimic + individ 2, de care depinde poate viaţa ta (poate fi şi brancardier, şi pompier, nu importă), care moare de foame pe salariu de mizerie + individ 3, mare cercetător, care moare de foame pe salariu de mizerie + individ 4, munceşte din greu creând valori materiale, care moare de foame pe salariu de mizerie, etc. Găsiţi intrusul.

N. Raducanu spunea...

Superba cuvantarea la BIT! Dar nu cred nici un cuvant din ea atunci cand e pronuntata de Sarkozy. Am copiat o gramada de asemenea discursuri ale lui tinute in ultimele luni, care toate par scoase din editoriale din “L’Humanite”. Dar afara de aceste “envolees rethoriques”, care sunt faptele concrete? Sarkozy, aflat la mijlocul mandatului, a atins nivelul minim al simpatiilor electoratului. Atunci el foloseste aceleasi trucuri ce i-au reusit pana acum: sa fure discursul stangii, cei din tabara lui stiind ca nu trebuie sa le fie teama deloc. Deja o serie de oameni ai stangii, fosti in anturajul lui Mitterrand (Kouchner, Attali, s.a.) au trecut alaturi de el, fascinati de cuvintele mieroase despre viciile capitalismului. Dar daca socialistii si stanga unita nu au reusit un rezultat prea bun la recentele alegeri, totusi cand sindicatele ii cheama, manifesteaza contra guvernului sute de mii de oameni, indignati de politica ce nu le aduce nimic nou, nimic bun. Este ridicolul situatiei si culmea demagogiei cand Sarkozy, prieten al miliardarilor, scoate aceste strigate de indignare despre mizeria la care ii condamna pe concetatenii sai capitalismul!