joi, 14 octombrie 2010

Unde sunt tinerii?




Cum poate ştiţi, dacă cineva a dat ştiri despre ele, în Franţa se ţin lanţ manifestaţiile împotriva modificării Legii Pensiilor, care, ca şi la noi, indroduc o vârstă mai mare de pensionare şi un stagiu mai mare de cotizare. Spre surprinderea tuturor, printre tineri a fost cea mai mare mobilizare împotriva acestei Legi. Tinerii au ieşit masiv în stradă.  Unii au văzut în asta un refuz al modului în care înţelege Sarkozy să guverneze, un soi de parampon care îşi găseşte un pretext în plus să se manifeste. Asta la prima vedere. La o analiză mai serioasă lucrurile nu stau chiar aşa: tinerii sunt afectaţi direct de modificările legii. Ea le amână şi mai mult momentul intrării pe piaţa muncii, într-o ţară, Franţa, cu foarte mulţi tineri între 18 şi 29 de ani, şi unde şomajul în această grupă de vârstă este peste 20%.

Iată cum explică situaţia asta un sociolog francez, Louis Chauvel: "L'angoisse de la jeunesse, c'est avant tout un taux de chômage énorme, depuis près de trente ans maintenant, et vis-à-vis duquel on n'a rien fait d'autre que de se payer de promesses qui n'ont jamais été tenues. Le taux de chômage des jeunes en France a commencé à dépasser les 20 % voilà une trentaine d'années, et on n'a rien fait d'autre que de leur promettre une amélioration avec le départ des baby-boomers à la retraite. Ce départ a commencé il y a environ cinq ans maintenant, et en décembre 2009, nous avons atteint le point haut historique de 26 % de chômage pour les jeunes de moins de 25 ans.
Le chômage n'est pas le seul problème, les stages à répétition, la précarité de l'emploi, les niveaux de salaire sans cesse plus bas alors même que les niveaux de diplômes se sont beaucoup élevés, et surtout le fait que le prix du travail ne permet plus de se loger décemment. Tout cela mis ensemble donne aux jeunes générations un profond sentiment de déclassement. Cela se comprend très bien. Du point de vue des diplômes, si on a le souvenir de leur valeur dans les années 1970, les jeunes générations sont massivement des classes moyennes. Du point de vue de l'emploi et des salaires, généralement de leur situation économique, les jeunes sont souvent plus bas que les catégories ouvrières. C'est là effectivement une source de déclassement à la française qu'on ne mesure pas aussi fort dans tout un ensemble de pays nordiques ou anglo-saxons."


Urmează o observaţie care ne priveşte şi pe noi, şi explică destule despre neimplicarea tinerilor în viaţa publică şi în politică: "Ce qui est frappant depuis une trentaine d'années dans la société française, c'est l'apparition de trois jeunesses : une première jeunesse, lycéenne ou jeune étudiante, entre 16 et 23 ans ; une deuxième jeunesse, celle de la transition et de la première installation dans le monde du travail, de 23 à 28 ans ; et il existe maintenant une troisième jeunesse, qui va de 28 à 35 ans, voire bien au-delà, où les jeunes sont très dépendants de leurs parents pour se loger, partir en vacances pour tout un ensemble d'aspects de leur existence. Ce qui est frappant au cours des trente dernières années, c'est que ce sont cette deuxième et troisième jeunesses qui sont le plus en souffrance, mais dont, en même temps, la représentation politique est à peu près inexistante. Il n'y a quasiment plus de députés de moins de 40 ans, en 1981 ils étaient une centaine, ils ne sont plus qu'une douzaine.




Les jeunes adultes actifs et en emploi sont très peu présents dans la vie politique et syndicale du pays. Cette partie de la population est massivement sous-représentée politiquement. Lorsqu'on regarde les mobilisations de jeunes depuis une trentaine d'années, ce sont avant tout les lycéens et les étudiants d'université qui n'ont pas encore été confrontés aux difficultés de la deuxième et de la troisième jeunesses qui participent aux mouvements, alors que la souffrance maximale est plutôt celle de la deuxième et de la troisième jeunesses, qui font face à de réelles difficultés économiques, que j'ai déjà mentionnées (travail, précarité, salaires médiocres, prix du logement, difficultés à fonder une famille dans le contexte actuel)."

Aici aş vrea să fac o observaţie: la noi sunt destui tineri în Parlament, înţelegând prin asta oameni sub 40 de ani. Cu toate astea, câţi tineri români îi cunosc, i-au ales şi se simt reprezentaţi de ei?  Iar problemele tinerilor francezi sunt identice cu acelea ale românilor. Şi cu toate astea tinerii români, elevi şi studenţi, nu sunt pe străzi, nu se simt afectaţi de nicio politică guvernamentală, par a nu avea nicio problemă. De ce? Este simplu: sunt total lipsiţi de valori politice şi morale, de educaţie civică, lumea lor nu se pupă cu realităţile celorlalţi. 

Interesant este şi răspunsul lui Chauvel la o întrebare referitoare la posibilitatea de a face o paralelă între 1968 şi 2010: "Sur le fond de la réalité tangible des choses, ces deux générations sont totalement différentes, et leurs intérêts sont profondément opposés. En particulier, il sera très difficile de financer tout à la fois la retraite à 60 ans et des investissements massifs dans l'université low-cost à la française, d'investir massivement dans des emplois pour les nouvelles générations, tout en permettant aux jeunes d'avoir un salaire net à peu près acceptable.



Il y a une réalité de divergence d'intérêts, et il y a aussi un problème de responsabilité collective de la génération qui a aujourd'hui 60 ans. Lorsque les soixante-huitards étaient jeunes, il n'y avait pas de chômage de masse, et surtout pas pour les jeunes, les salaires permettaient de se loger dès l'âge de 25 ans et même avant, il existait des carrières ascendantes, l'emploi stable et la promesse d'une retraite au bout de la vie active. C'est-à-dire tout un ensemble d'acquis sociaux que cette génération a su conserver pour elle-même. Mais la génération de jeunes d'aujourd'hui voit ce paradis promis s'éloigner de plus en plus.





L'autre aspect de la responsabilité intergénérationnelle, c'est que cela fait dix ans que nous connaissons ce diagnostic. Cela fait aussi dix ans qu'on ne peut plus dire qu'on ne savait pas, et en même temps, cela fait dix ans qu'on ne fait rien. On peut se rappeler en particulier le rapport Teulade en 1999, qui disait en substance qu'il n'y avait pas de problème d'avenir vis-à-vis des retraites grâce au retour au plein-emploi en 2010, et grâce à la croissance des salaires de 2 % par an. Nous sommes en 2010, et nous voyons bien que le diagnostic du rapport Teulade est totalement à côté de toute réalité. C'est la responsabilité d'une certaine génération d'avoir été particulièrement imprévoyante par rapport à notre échéance de 2010. Je crains malheureusement que cette imprévoyance ne se répète terme à terme pour 2020. Je crains, effectivement, que le chômage des jeunes ne continue d'être énorme dans dix ans encore."
 
 
Spre deosebire de Franţa, în România NICIO categorie socială nu a reuşit să-şi păstreze avantajele avute până în 1989. Şi nici după 1990 nu există categorie socială cu adevărat avantajată, cu excepţia clientelei de partid. Orice partid. Dar nu poţi construi bunăstarea unei naţiuni doar pe bunăstarea unei categorii marginale, parazite, care consumă, nu produce resurse.
 
Dar, dincolo de orice alte considerente, absenţa tinerilor români din spaţiul public este un handicap pentru dezvoltarea unei guvernări sănătoase. Chiar dacă spaţiul ăla public este strada. Şi tinerii trebuie să înveţe lecţia solidarităţii, chiar dacă, poate, nici noi nu am fost sau nu suntem suficient de solidari cu ei.

4 comentarii:

Rromania tiganeasca spunea...

Tinerii romani sunt:
-in discotecile si cluburile de manele/house
-la coada la etnobotanice
-la scolile de vara psd/pnl/pdl/etc
-la munca/furat in occident
-la coada la burse ICR
-la cursele (i)legale de masini/motociclete
-la alte paranghelii cu bubuiala la maxim si focuri de artificii, organizate de primarii, din banii care s-au economisit cu reducerea pensiilor si salariilor bugetarilor
Deci cind sa mai aiba timp sa se gindeasca la viitorul lor, sau chiar sa gindeasca in general?

Anonim spunea...

În lumina comentariului de mai sus, tânărul român ar putea răspunde că e foarte greu să te manifeşti ca partizanul cuiva care te tratează cu partea dorsală, la fel de greu pe cât i-ar fi lupului să se alieze cu câinele :D

asybaris spunea...

Intr-adevar, la noi nimeni nu a spus ca in Franta sunt acum demonstratii sindicale de amploare legate de...legea pensiilor. Pe langa demonstratiile anemice ale bugetarilor de la noi, miscarile de acolo chiar reprezinta manifestari ale sindicatelor ce aduna oameni mai ales din sectorul privat. Francezii au oricum o traditie si o placere din a demonstra chiar daca lucrul acesta nu duce la vreo schimbare. Daca tinerii de la noi nu ies in strada e pentru ca muncesc si au invatat ca nu trebuie sa astepte sa le pice bani din cer...

Constantin Gheorghe spunea...

Prietene Asybaris, şrii cum e: sugarul care nu plânge, nu primeşte ţâţă! Din când în când un exerciţiu de solidaritate şi o porţie de hăulituri sub fereastra guvernanţilor fac bine la democraţie.